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A l’occasion de l’exposition de l’Américain Gregory Halpern à la Fondation Cartier-Bresson, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », s’interroge dans sa chronique sur la notion d’appropriation culturelle.

 

Un artiste blanc peut-il encore photographier des Noirs ? Ou une autre communauté que la sienne ? Cette question, inimaginable il y a trois ans, se pose, surtout aux Etats-Unis, où les incidents se multiplient. Rien d’étonnant. En contact avec le réel, la photographie est au cœur du débat, pour le moins crispé, sur l’appropriation culturelle.

Nous tenons un exemple passionnant à Paris, à la Fondation Cartier-Bresson, qui expose jusqu’au 18 octobre le photographe américain Gregory Halpern. Ce dernier est Blanc. Il a photographié des Noirs en Guadeloupe. Ce postulat est devenu un problème. La façon dont l’exposition, excellente par ailleurs, y répond en est un autre.

Il faut partir de l’image qui ouvre l’accrochage. Dans la mer, près du bord, un homme noir tient dans les bras une femme blanche qui flotte dans la lumière. L’image est douce et dérangeante à la fois, car mystérieuse. Quelle est la relation entre eux ? Soumission ou égalité ? L’homme a-t-il sauvé la femme de la noyade ? Est-il son compagnon ? A son service ? On ne sait et c’est merveilleux.

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