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On ne peut pas le manquer : animé par un zèle sacré, un certain Frédéric Martel se démène tous azimuts pour panthéoniser Verlaine et Rimbaud, qui n’ont rien demandé.

Il est parmi l’herbe, Verlaine, par pitié ne le mettons pas sous des tonnes de marbre officiel et républicain ! Et Rimbaud ! Ne l’officialisons pas comme un poète de sous-préfecture qui a sa statue ! N’en faisons pas un Hégésippe Simon !

Au moins, quand on est vivant, on a encore la liberté de refuser les prix, comme Sartre et Gracq, les hochets ministériels comme Bernanos. Mais les morts, les pauvres morts, le premier venu est libre de les embrigader dans son combat à lui. Ils n’en peuvent mais. Pitoyable spectacle, obscène spectacle que celui de ces apprentis sorciers manipulant des cadavres pour les envoyer au front, dans une guerre qui n’est pas la leur.

Alors que toute leur vie et toutes leurs paroles hurlent le contraire ! En faire des espèces de poètes officiels, de symboles positifs et nationaux, c’est se moquer de ce qu’ils étaient, des révoltés, des marginaux, des irrécupérables. C’est les humilier, les dénaturer, les nier. Rimbaud avec Hugo, dont il dénonçait dans la lettre dite du « voyant » les « vieilles énormités crevées » ! Rimbaud nationalisé, lui qui moquait le « patrouillotisme » dans une lettre à Izambard ! Verlaine panthéonisé, lui qui voulait faire démolir l’édifice à coups de canons ! Lui qui détestait la république et la démocratie !

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