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Par Patrick Bazin. Nul ne peut contester que Verlaine et, plus encore, Rimbaud furent d’immenses poètes. Cette évidence justifie-t-elle une entrée, conjointe ou pas, au Panthéon ? Verlaine passe : après tout, il avait brigué l’Académie française et ne se retournerait sans doute pas dans sa tombe à l’annonce d’une telle nouvelle. Mais alors, pourquoi pas Mallarmé, Baudelaire ? Tout le Lagarde et Michard ? Quant à Rimbaud, lui qui n’a eu de cesse de se révolter contre les institutions avant de finir trafiquant d’armes et d’ivoire dans la corne de l’Afrique, qu’en penserait-il lui-même ? Et qu’en pensent les acteurs de Mai 68 restés cohérents avec eux-mêmes ? 
 
On aurait pu croire que le Panthéon était réservé à des personnalités dont l’action avait illustré et défendu les valeurs de la République, comme Simone Veil ou Aimé Césaire. Mais le fait d’avoir subi l’opprobre de l’ordre moral pour s’être aimés quelque temps suffit-il à faire entrer Verlaine et Rimbaud dans cette catégorie ? Quant à l’étrange argument des « sanglots longs des violons de l’automne » qui furent un message crypté pour le débarquement, il ravale les mérites de l’auteur des Poèmes saturniens à un rôle purement mnémotechnique.

 

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