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Pour le philosophe slovène, notre monde touche à sa fin, mais une autre fin du monde est possible.

Une brève publiée dans les médias le 27 septembre 2020 est passée presque inaperçue :

« Le gouvernement a ordonné aux écoles d’Angleterre de ne pas utiliser les ressources d’organisations ayant exprimé le désir de mettre fin au capitalisme. La directive publiée jeudi par le Ministère de l’Education à l’intention des directeurs d’établissements et des enseignants impliqués dans la mise en place du programme sur les relations, le sexe et la santé, a classé l’anti-capitalisme comme une “position politique extrême” et l’assimile à un discours contraire à la liberté d’expression, à de l’antisémitisme et au soutien d’activités illégales. »

Pour autant que je sache, il est inédit qu’un ordre aussi explicite soit donné. Rien de tel n’est jamais arrivé, même dans les heures les plus sombres de la guerre froide. Il faut aussi noter le choix des mots : « un désir de mettre fin au capitalisme », non pas une intention, un plan, ou un programme, juste un désir, un terme qui peut s’appliquer à toute sorte de déclaration (« certes, vous ne l’avez pas dit, mais vous le désirez vraiment »…). A cela s’ajoute la mention désormais habituelle de l’antisémitisme, comme si un désir de mettre au fin au capitalisme était en soi antisémite. Les auteurs réalisent-ils que leur interdiction est en elle-même antisémite : elle suppose que les Juifs seraient pas essence capitalistes ?

Pourquoi cette soudaine réaction de panique face au communisme ? Serait-ce parce que la pandémie, le réchauffement climatique et les crises sociales pourraient donner à la Chine une chance de s’affirmer comme la seule superpuissance ? Non, la Chine n’est pas l’Union soviétique d’aujourd’hui – le meilleur moyen d’empêcher le communisme est de suivre la Chine. Si l’Union Soviétique était l’ennemi extérieur, la menace qui pèse sur les démocraties libérales vient aujourd’hui de l’intérieur, du mélange explosif des crises qui rongent nos sociétés. Prenons un exemple extrême, mais limpide, de la manière dont la pandémie actuelle a poussé nos sociétés dans la direction de ce que nous associons au communisme, et même, dans certains cas, le pire.

 

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