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Par Norbert Szarny. « Ce livre ne ressemble à rien qu’à son propre désordre » : cette phrase reprend l’épigraphe de Henri Matisse, roman, d’Aragon. Robert Bober le cite et semble regretter le fouillis des souvenirs dans lequel il plonge. Mais l’auteur de Par instants, la vie nest pas sûre fait en sorte que tout ça tombe bien.

 

Pierre Dumayet, mort en 2011, a été pendant de nombreuses années celui qui posait des questions tandis que Robert Bober filmait. Parfois, ce dernier filmait seul et ce fut par exemple le cas pour Vienne avant la nuit, ou avec Perec pour les Récits dEllis Island. Les émissions et documentaires que Bober et Dumayet ont réalisés ensemble étaient des modèles du genre. Aujourd’hui, on nous rebat les oreilles avec la « culture apprenante » ; on ferait mieux de diffuser à une heure de grande écoute « Lire c’est vivre » ou d’autres émissions dans lesquelles on sentait, avec Pierre Dumayet, qu’une « question, cela peut être tout simplement une toux, un bruit ».

C’était le cas avec Duras, qui commençait par se taire, « juste pour s’habituer ». Ce silence unissait les deux hommes, il liait aussi Dumayet et Dubillard, Bober et Jean Rochefort, ou, autrement, le peintre Serge Lask, enfant de déporté comme lui, Perec, Schwarz-Bart, Sami Frey et tant d’autres. Son portrait par Jean-Claude Grumberg est simple : « Déjà il était silencieux, sa présence était à la limite de l’absence. » Lask avait choisi la peinture sur le tard, il remplissait le papier de lettres hébraïques, du yiddish pour être précis : « Il faut que ce papier soit usé. Que ça soit usé d’écriture. »

Robert Bober
Par instants, la vie n
est pas sûre
Ed. P.O.L.
352 p., 21,90 €

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