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Par Françoise Feugas. À l’heure où les « caricatures de Mahomet » refont surface, incarnant pour certains contempteurs de l’islam la quintessence de la liberté d’expression et de l’esprit critique à la française ; où réapparait un Pascal Bruckner offensif, auteur en 1983 du Sanglot de l’homme blanc, Alain Ruscio et Marcel Dorigny (dans son introduction) nous livrent avec Quand les civilisateurs croquaient les indigènes un véritable abrégé d’histoire coloniale illustrée.

L’édification de l’empire colonial français a occupé une grande partie du XIXe siècle et s’est poursuivie au début du XXe, du Second Empire (1852-1870) à la Troisième République (1870-1940). Aux « îles à sucre » exploitées depuis le XVIIIe siècle grâce au commerce des esclaves étaient venues s’ajouter l’Algérie à partir de 1830, puis un tir groupé, de l’Indochine à la Tunisie en passant par l’Afrique de l’Ouest et du Centre. À la veille de la première guerre mondiale, le Maroc (1912) ornait d’un nouveau fleuron « l’Afrique du Nord française ». Enfin, les mandats dont la Société des Nations (SDN) — créée en 1919 — gratifia la France sur les anciennes colonies allemandes (Togo, Cameroun) et sur une partie du Proche-Orient (Syrie, Liban) parachevèrent l’œuvre. En un peu plus d’un siècle, « l’Empire » avait fini par couvrir près de 12 millions de km2, soit vingt fois la superficie de la métropole

Alain Ruscio, Marcel Dorigny (introduction), Quand les civilisateurs croquaient les indigènes. Dessins et caricatures au temps des colonies, éditions Cercle d’art, 8 octobre 2020. — 264 pages ; 39 euros

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