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Devant les polémiques récurrentes que suscitent les écrits autobiographiques, le directeur des éditions P.O.L rappelle, dans une tribune au « Monde des livres », la part fictive de tout récit de vie et le rôle de la littérature, aux frontières de l’imagination et du réel.

Alors que je devais m’affronter comme éditeur aux questions concernant la vraisemblance d’événements et de personnes « réels » figurant dans un livre, et débattre de la part de fiction à l’œuvre dans un écrit autobiographique, je me suis demandé : « Qu’est-ce que la fiction, sinon le corps silencieux de nos vies ? » On traite avec beaucoup de légèreté, et parfois de mépris, ce désir obscur de certains d’avoir à raconter leur vie. Il s’agit de faire entendre le silence que nous sommes à nous-mêmes et aux autres, à notre propre existence. Et c’est cela la fiction à l’œuvre dans nos vies à raconter. Notre chair et la chair du monde que nous habitons sont faites de fiction.

J’en veux pour preuve que nous voulons croire en nous, croire en ce monde que nous disons le nôtre. La littérature tient à cette place-là. Cette croyance est un acte d’imagination qui nous fait bâtir le « réel ». Sans cette croyance, nous pouvons glisser dans de déchirantes pathologies. Souvent, nous opposons avec force vie et fiction, nous dénonçons, parfois à juste titre mais pas toujours, les atteintes à la vie privée d’autrui dans un livre.

 

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