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Par Charles Knappek. Dans "Le monde selon Joseph Conrad", Maya Jasanoff montre que l'oeuvre du grand romancier britannique fut un révélateur de la mondialisation naissante.

Comme chez la plupart - la totalité ? et alors il faudrait se demander pourquoi - des écrivains du XIXe et du début du XXe siècle, l'oeuvre de Joseph Conrad présente un trop grand nombre d'aspérités pour prétendre échapper à l'infamie d'être jugée raciste, rétrograde ou a minima passéiste par une certaine partie du lectorat d'aujourd'hui.

Dans son essai Le monde selon Joseph Conrad (Albin Michel), l'universitaire américaine Maya Jasanoff, même si elle admire profondément l'auteur d'Au coeur des ténèbres, ne peut s'empêcher de faire ce procès à Conrad. Son livre, dont l'ambition première est de montrer que par ses romans il eut la préscience du monde tel qu'il se dessinait alors (naissance de la globalisation sous l'empire d'un Occident prédateur et cynique), se place dès les premières pages sous le patronage de l'écrivain nigérian Chinua Achebe (1930-2013), qui fut un temps pressenti pour le prix Nobel de littérature. Or, Achebe ne ménageait pas ses diatribes anti-Conrad. Dans les années 1970 il déclarait qu'Au coeur des ténèbres était un "livre offensant et totalement déplorable" et que Conrad était un "foutu raciste", s'appuyant pour cela sur l'image des Africains véhiculée par le roman.

 

Le monde selon Joseph Conrad, . Traduction SYLVIE TAUSSIG  - Langue d'origine : ANGLAIS (ETATS-UNIS). Albin Michel 2 septembre 2020. Sciences humaines & sociales. 22.90 €. Numérique 15,99.

 

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