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Par . Une déambulation vertigineuse dans Paris, dont l’auteur convoque les fantômes.

On a souvent glosé sur le fait que le Goncourt, une fois décroché, pouvait empêcher d’écrire. Laurent Gaudé illustre à merveille l’inverse, avec ce récit d’une intensité exceptionnelle: moins de cent pages, mais que de vertiges à chacune d’elles!

La nuit, à Paris, du côté de la gare Montparnasse, un homme, torse nu, avec une veste en cuir sale, la démarche traînante, apostrophe le narrateur: «Qui es-tu, toi?…» On aurait passé notre chemin sans prêter garde à cette invective, mais, pour le narrateur, cette question résonne profondément. C’est le début d’une déambulation fiévreuse dans un Paris nocturne et fantasmé. On retrouve tout le sel de ce qui compose le style Gaudé, qui mêle poésie et fantastique, lyrisme et réalisme. Il y a tout cela dans Paris, mille vies. «Je crois que je suis le veilleur de la ville», écrit l’auteur du Soleil des Scorta. Et d’ajouter: «Je n’ai rien d’autre à faire que déambuler dans ses rues comme un gardien attentif. Paris veut sa bouche. Elle a faim de mots.

Paris, mille vies de Laurent Gaudé. Actes Sud (7 octobre 2020).  Broché 80 pages. 11,80 €. Numérique 8,99.
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