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“Tout est vain. Tout est inutile. Voilà la seule beauté” écrit David Fon­seca dans un de ses livres. L’auteur de faillir est à ce titre un digne héri­tier de Cio­ran  — mais avec une vio­lence “pra­tique” en plus. Seule semble demeu­rer “l’inannulable e “bouf­fer” par la tête et les pieds.
Néan­moins, le com­bat conti­nue sans pour autant  la volonté de s’en tirer. Mais les mou­lins de Don Qui­chotte demeurent pré­sents et il convient — faute de mieux et au moins par poli­tesse — de les combattre.

 

Entre­tien : 

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
Voilà sans aucun doute pos­sible la ques­tion la plus impor­tante, pas sim­ple­ment pour un à-quoi-boniste. Tel­le­ment impor­tante que je ne peux qu’y répondre d’abord laté­ra­le­ment, en fai­sant un pas de côté, me levant du bon/du mau­vais pied, je l’ignore, mais avant de répondre fron­ta­le­ment, de me glis­ser dans les draps d’un autre, celui de l’homme cou­ché de Gont­cha­rov, Oblo­mov. Oblo­mov, donc, n’acceptant pas de se lever, refuse-t-il ce fai­sant l’agitation du monde, lui l’homme cou­ché, constam­ment en prise avec son domaine qu’il ne par­vient pas à gérer ? Refuse-t-il ainsi de céder aux faci­li­tés ? Est-ce une fatigue qui s’abat sur lui ou bien fina­le­ment, Oblo­mov a-t-il tout com­pris si bien que demeu­rer cou­ché serait le signe d’une grande luci­dité dont le prix à payer serait l’immobilité ?

Pré­sen­ta­tion et entre­tien réa­li­sés par Jean-Paul Gavard-Perret pour lelitteraire.com, le 28 octobre 2020.

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