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Difficile de ne pas se prendre les pieds dans l’essentiel, l’absolu et l’accessoire.

Si j’ai bien compris, ce confinement automne-hiver s’annonce d’un autre niveau philosophique. A celui du printemps, on s’est gavé de séries américaines et de films français des familles après le 13 heures de France 2. Cette fois-ci, on vole plus haut, délaissant l’inessentiel pour l’essentiel. Le gouvernement a de toute évidence fait une idiotie (on dirait qu’il a un don pour ça) en confinant les librairies, et espérons qu’il ne s’obstinera pas pour prétendre avoir eu raison. Mais qui pouvait s’attendre à ce que ce soit un tel drame pour une partie si considérable de la population ? Les libraires vivraient depuis des années comme des nababs - ce qui n’est certes pas le cas - si tous les gens tellement atterrés par la nouvelle ne pouvaient vraiment pas passer un jour (ou deux semaines) sans se précipiter chez eux pour y flamber leurs économies, la joie au cœur. D’autant qu’on sent qu’il ne s’agirait pas de se procurer comme tout le monde le dernier blockbuster de Ken Follet ou Marc Lévy ou les œuvres complètes d’Eric Zemmour sans qui la liberté d’expression n’aurait pas de valeur, mais de l’ouvrage de fond, du brutal, du considéré. «Putain, les gosses m’ont encore chouré la Phénoménologie de l’esprit. Plus un seul Hegel à la maison et les librairies sont confinées, nous voilà bien.»


     
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