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Par Raphaëlle Rérolle. A la tête de la librairie indépendante la plus ancienne et la plus importante de France, il a fait de l’entreprise familiale une institution. Mais ce visionnaire de 67 ans est aussi un patron tout-puissant aux méthodes de management discutables.

Tout était fin prêt, l’affaire avait même été précédée d’une petite vidéo annonçant le thème de la sauterie : « Prisonnier de l’Empire ». Le 31 octobre 2015, les clients de la librairie Mollat sont invités à participer à un « jeu de piste immersif » (autrement dit, un escape game) autour du film La Guerre des étoiles, de George Lucas.

L’ambiance est joviale, les joueurs se promènent au milieu des piles de livres quand, soudain, Dark Vador surgit dans le magasin bordelais. Mais qui donc s’est caché sous le masque noir du méchant de l’histoire ? Qui a revêtu la cape sombre de ce personnage ambivalent, prototype du bon devenu mauvais ? Les employés présents ne peuvent s’empêcher de sursauter : c’est leur patron, Denis Mollat lui-même.

L’apparition de cet être hybride, « Dark Mollat », déclenche aussitôt des rires nerveux parmi les salariés. Car l’homme ainsi déguisé est le dirigeant d’une entreprise connue dans toute la France, héritier à succès de la plus importante et la plus ancienne librairie indépendante du pays (124 ans d’âge). Pris en vrac, les chiffres sont ébouriffants : 110 employés, dont 54 libraires, pour 190 000 références en stock, soit plus de 350 000 volumes. Chaque année, on y vend presque 2 millions de livres, tirés de 18 kilomètres de rayonnages.

Denis Mollat, dans un studio vidéo de sa librairie, à Bordeaux, le 15 octobre. ANTOINE SEITER POUR M LE MAGAZINE DU MONDE

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