Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Par Christine MarcandierSept années d’enquête sur l’extraction du gaz de schiste aux États-Unis sont à l’origine du livre d’Eliza Griswold, Fracture, Prix Pulitzer non fiction 2019. Ce « roman-enquête », tel que le présente Valentine Gay son éditrice française, raconte le rêve démesuré de prospérité qui s’est emparé de certains habitants de la Rust Belt désindustrialisée, au nom de l’indépendance énergétique de la nation : louer leurs terres à des compagnies d’extraction de gaz et profiter de la manne financière offerte, au mépris des tonnes de produits chimiques injectés dans les sols qui polluent la terre, l’eau et l’air. Un pacte faustien.

Le préambule du livre d’Eliza Griswold est un récit de création, une genèse géologique, racontant les dépôts et pétrifications dans les sols, le pétrole, charbon et gaz pris au piège de limons qui se muent en roches sédimentaires nommées schistes argileux. Les couches s’empilent puis se tordent, certaines en surface, d’autres enfouies. Il y a 600 ans, dans les Appalaches, aujourd’hui Pennsylvanie occidentale, les Amérindiens usaient du pétrole pour soigner phtisie et maladies vénériennes. Des siècles plus tard, l’or noir fera de la Pennsylvanie le berceau de l’industrie pétrolière américaine. Cet État dit à lui seul les époques de prospérité liées à l’exploitation du sous-sol suivies de récessions terribles, quand les filons s’épuisent, il montre que « la réponse de l’Amérique à ses besoins énergétiques a toujours été de creuser plus profond. La question étant de savoir comment ».

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article