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Les indicateurs concordent, qui, en France comme dans nombre de pays étrangers, témoignent de l'entrée de la «librairie» dans une conjoncture progressivement nouvelle, surtout à partir des années 1760. Nous nous bornons-nous ici à trois points particulièrement importants, qui touchent le petit monde du livre, et d’abord en France:
1) La production imprimée s’accroît, tandis que les libraires provinciaux se lancent dans l'édition d'ouvrages plus ambitieux (histoire régionale, manuels scolaires…), ou de titres de récréation (romans). Face à la poussée du marché, les Parisiens perdent de fait leur traditionnelle exclusivité, avant que les arrêts de 1777 n’entérinent le nouveau rapport de forces. Dans les dernières décennies de l’Ancien Régime, la «librairie» fait figure de secteur en développement, et attire nombre de nouveaux venus à la recherche d’un établissement.
2) L'extension des circuits de diffusion, par le biais notamment des colporteurs et revendeurs de toutes sortes, témoigne d'un autre lien entre le plus grand nombre et la chose imprimée. L'auteur de la Bastille dévoilée souligne, en 1789:
Je ne sais pas si tout le monde sent comme moi la reconnaissance que nous devons à cette espèce de gens [les colporteurs]: ce sont eux qui, au péril de leur fortune, de leur liberté et quelquefois de leur vie, ont beaucoup contribué à nous faire arriver au point où nous nous trouvons. Il ne suffisait pas que des écrivains composassent des livres, il fallait encore les faire imprimer, les faire colporter, les faire arriver jusqu'à nous à travers une infinité d'espace, à travers une armée d'espions et délateurs…

Bibliographie: à propos des mentalités à la fin de l'Ancien Régime. Daniel Mornet, Les Origines intellectuelles de la Révolution française, 1715-1787, nelle. éd., Lyon, 1989. Michel Vovelle, «Le tournant des mentalités en France, 1750-1789», dans Social history, 5, 1977, p. 605-630.

(Cliché: publiée à Pest chez Trattner, en français, La Bergère des Alpes, d'après Marmontel. Nous sommes alors en 1811, et l'ouvrage vient de la bibliothèque du collège des Piaristes).

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