Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Par Titiou Lecoq. Alors que les gens semblaient sur le point de s'étriper au sujet des librairies, on a oublié un peu vite le fonctionnement de ce qu'on appelle la chaîne du livre, et notamment le premier maillon de cette chaine, l'être blafard et neurasthénique qui se tient tout au bout et qui passe ses journées en compagnie de ses amis imaginaires, autrement dit l'autrice, ou l'auteur. Ou, en créant un mot épicène qui engloberait tout le monde, les «auteurices».

Même si, bien sûr, l'écrasante majorité des auteurices de France prennent des douche de champagne et se lavent les cheveux avec du caviar, il en existe malgré tout qui connaissent des difficultés. Vous me direz, on n'a qu'à écrire des best-sellers. Mais ce n'est pas de nos ventes que l'on se plaint, c'est de notre statut. Si je vous fais un résumé vraiment très grossier, la France n'a toujours pas décidé quoi faire de ses écrivain·es. De deux choses l'une. Soit l'on considère que c'est un travail, donc il est soumis aux cotisations habituelles et il ouvre des droits. Soit l'on considère que ce n'est pas un travail mais une sorte de rente, et alors pas de droit et pas de cotisation.

Le problème, c'est qu'en ce moment on cotise beaucoup mais que je ne connais pas un seul auteur qui ait réussi un jour à prendre un arrêt maladie. Serait-ce parce que les auteurs, êtres d'esprit et d'idées, ne tombent jamais malades? Ou serait-ce parce que la personne de la Sécu au téléphone tombe en crise d'apoplexie dès qu'on essaie de lui expliquer notre statut? Je laisserai le doute planer.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article