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Pour le lecteur moyen, qui dit Simenon dit Maigret -et, peut-être, un titre ou deux entendus au détour d’une conversation, comme la Vérité sur Bébé Donge ou les Inconnus dans la maison. Le Livre de Poche réédite aujourd’hui un roman moins connu, l’Horloger d’Everton, écrit par Simenon en 1954, lors d’un séjour aux états-Unis.

L’action se déroule outre-Atlantique dans la petite ville tranquille d’Everton. Dave Galloway, horloger de son état, mène une vie précise où chaque jour ressemble aux autres, où trois rues seulement constituent son univers habituel, calme et feutré. Galloway vit avec son fils de seize ans, Ben, qu’il intègre à cet univers. Mais voilà que Ben s’en détache violemment, quittant la maison paternelle en emmenant avec lui une jeune fille de quinze ans, Lillian Hawkins. Leur fugue meurtrière, leur passion tranquille, sont racontées sans état d’âme, comme passées au crible du regard froid des journalistes, du regard blasé de la police -et du regard d’un père qui, au fil des pages, va peu à peu se ressaisir et comprendre.

Pour Dave Galloway comme pour le lecteur, l’Horloger d’Everton mène de l’acte brut à l’acceptation des faits, par le biais de souvenirs qui jaillissent peu à peu. Et si l’on a tendance à reprocher au père l’éducation étroite et silencieuse qu’il a donnée à son fils, l’auteur nous rappelle sans cesse à l’ordre : là n’est pas la question. Bien plus profondément, les personnages représentent l’humanité "moyenne", cette humanité que Simenon a si bien su évoquer dans tous ses livres, pleine de désirs refoulés, qui ne sont exprimés au grand jour que dans les romans : "un personnage de roman", a dit Simenon, "c’est n’importe qui dans la rue, mais qui va jusqu’au bout de lui-même".

 

 

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