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Par David Zerbib. Il est temps de reconnaître ce que l’humain partage avec les formes de vie larvaires, réputées immondes, explique l’essayiste.

Quelle vision est plus repoussante que celle d’une matière putride infestée de larves grouillantes ? C’est pourtant dans cette forme de vie que l’autrice du Livre des larves a trouvé le motif d’une réflexion séduisante sur la condition humaine. Mieux vaut toutefois, avant d’ouvrir l’ouvrage, être prêt à « en finir avec le narcissisme d’espèce », pour citer le titre d’un de ses chapitres. Nous savions, après Freud, que l’homme avait subi une blessure narcissique décisive en apprenant, dans la théorie de l’évolution de Darwin, qu’il était avant tout un animal. Mais cette fois, le coup paraît fatal.

En effet, il ne suffit pas à Marion Zilio de rappeler qu’en matière de développement physique l’humain ressemble à un primate prématuré plutôt qu’à une créature supérieure, ni de prendre acte du fait que nous sommes constitués de plus de bactéries que de cellules humaines. L’essayiste va plus loin : l’humain est une larve. Et qui plus est, d’un genre parasitaire caractérisé, comme l’atteste sa capacité à exploiter les autres vivants.

Larve d’éristale (une syrphe) sur une feuille de choux. P. & M. Guinchard/Biosphoto/

« Le Livre des larves. Comment nous sommes devenus nos proies », de Marion Zilio, PUF, « Perspectives critiques », 204 p., 17 €, numérique 14 €.

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