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Le mouvement autonome est né il y a près de cinquante ans d’une tentative de rupture avec le mouvement communiste historique. Julien Allavena propose de l’envisager comme une « hypothèse stratégique » : « dès lors que le système productif et sa discipline se sont disséminés dans toutes les facettes de la vie, il ne s’agit plus de se réapproprier la production, mais de s’en libérer, ce qui implique de rechercher une transformation immédiate de la vie quotidienne ». Organisation horizontale et réticulaire, conjuration des mécanismes de domination internes aux mouvements sociaux, occupation et mise en réseau d’espaces alternatifs, recherche d’une certaine clandestinité, approche amorale et pragmatique de la violence déprédative, affrontements avec les forces de l’ordre, il retrace son cheminement à travers les expériences historiques, de l’Italie des années 1970 à la France des années 2010.

En octobre 1962, survient à l’usine Fiat-Mirafiori de Turin, « une grève symptomatique d’une rupture majeure ». À contre-courant des luttes ouvrières établies par la tradition du syndicalisme et du communisme officiel, les 6 200 ouvriers cessent le travail sans préavis. Au refus de la médiation syndicale s’ajoute celui de la revendication : il s’agit de développer une forme d’autonomie de la classe ouvrière, d’élaborer la meilleure tactique pour prendre le salaire et laisser le travail, en le réduisant autant que possible au risque d’une crise de la reproduction du capital. « L’autonomie est ce processus par lequel le sentiment d’être étranger se transforme en action dirigée contre se qui rend étranger. »

L’HYPOTHÈSE AUTONOME
Julien Allavena
302 pages – 18 euros
Éditions Amsterdam – Paris – Septembre 2020

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