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Finis, les temps obscurs ? Terminés, les grands silences, la domination, l’écrasement du féminin ? On le croirait, en voyant combien la parole des femmes s’est libérée, comment leurs mœurs ont changé, à quel point les représentations collectives se sont transformées. Et pourtant, partout dans le monde, des excisions continuent par millions, et le désir sexuel demeure largement conçu sur un modèle unique. D’autre part, entre mille exemples, il faut savoir que l’anatomie du clitoris figure dans nos manuels scolaires, mais depuis… 2019 !

Ainsi, globalement, désir et plaisir féminins constituent toujours, selon le mot célèbre de Freud, un « continent noir ». Somme toute, « tout a changé » et « rien n’a changé ». C’est ce que souligne la philosophe Catherine Malabou dans son nouvel essai, Le Plaisir effacé. Sa réflexion trouve son point de départ dans ce double constat : discours et actions des multiples féminismes ont bouleversé le paysage et multiplié les perspectives ; malgré tout, les chapes de plomb de l’ignorance, les méconnaissances et les errements persistent massivement. Dans cette tension, cet équilibre instable, il s’agit d’avancer vaille que vaille.

« Le Plaisir effacé. Clitoris et pensée », de Catherine Malabou, Rivages, « Bibliothèque Rivages », 144 p., 16 €, numérique 12 €.

 

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