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Par Clémentine Goldszal. L’équipe des jurés du prix littéraire, remis lundi 30 novembre, a toujours revendiqué son côté rebelle. Après l’affaire Matzneff, dont l’un des proches amis fait toujours partie du jury, une remise en question était néanmoins attendue. Elle n’est jamais venue.

Fin 2019, il y eut une secousse. Puis ce fut un tremblement. Et, finalement, un séisme. À la veille de la parution du livre de Vanessa Springora, Le Consentement, les regards ont commencé à se tourner vers un Saint-Germain-des-Prés inhabituellement dans ses petits souliers. Que faire de Gabriel Matzneff, l’écrivain pédophile dont l’autrice fut victime à 14 ans, faisait-on mine de se demander.

Publié par les plus grandes maisons d’édition, chroniqueur dans les plus grands journaux (et notamment au Monde, où il tint tribune de 1977 à 1982), salué en 2013 par le prix Renaudot essai, l’un des plus grands prix littéraires du pays, le pourtant frêle auteur des Moins de seize ans (Julliard, 1994) était soudain devenu encombrant. A mesure que le livre de Vanessa Springora gagnait en lecteurs et en force symbolique, les uns avalaient leur chapeau, quand d’autres, au contraire, criaient à la vindicte, à la réécriture historique, au muselage de la liberté d’expression, et défendaient leur amitié pour l’écrivain.

 

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