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Les librairies indépendantes pensaient que le gouvernement avait compris que leur commerce était essentiel. Le deuxième confinement prouve le contraire et les menace, au pire moment. Alors la résistance commerciale et spirituelle continue.

À Douarnenez, Ali Saad, 70 ans, accepte de passer par la case trottoir, devant la librairie L’Ivraie, qu’il anime depuis 2012. Lors de sa permanence, sur son pas de porte, de 11 h à 13 h et de 17 h à 19 h, il assure même le service à l’auto (« drive » pour les franglaisants).

L’important à ses yeux n’est pas de vendre des livres ni d’écouler son stock. Son projet n’est autre que de faire partager à autrui ce qu’il reçut d’un instituteur de l’École de plein air, à Suresnes, à la fin des années 1950, lui le fils d’immigrés algériens dont le grand frère était militant du FLN : le goût de la lecture et le plaisir du texte. Ali Saad brandit son « serment d’Hippocrate du libraire » : ce sont d’abord les gens qui ne lisent pas dont il se soucie, au point de tout tenter pour les mettre au contact des livres.

Il est persuadé que le monde changerait de face si son action était relayée par les syndicats et d’autres acteurs sociaux – sans parler de la télévision, qui a trahi sa fonction originelle de partage culturel et au sein de laquelle il travailla longtemps comme chef opérateur, avant de prendre sa retraite et de créer L’Ivraie, SARL atypique dont il est le gérant non rémunéré, vivant des 2 200 euros de sa pension.

 

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