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Par Marina Serettii. Et si Bruegel L’Ancien avait été spinoziste avant Spinoza ? C’est l’hypothèse audacieuse que formule Laurent Bove en replaçant les oeuvres du peintre flamand dans leur commun univers historique et spirituel.

 

« Un chapeau d’hiver rouge / des yeux bleus rieurs / rien que la tête et les épaules / à l’étroit sur la toile » … Les Tableaux d’après Bruegel de William Carlos Williams s’ouvrent par un Autoportrait, dont le reflet se propage de poème en poème jusqu’à l’évocation de l’artiste, immergé dans la peinture des Jeux d’enfants, ces jeux de peintres en herbe, capables avec quelques chapeaux – trois bruns, un rouge – de faire surgir un visage en train de tirer la langue. Dans son récent ouvrage, Laurent Bove célèbre à son tour la modernité de Bruegel, les dimensions réflexives et les vertus critiques de son jeu pictural : « ce sont toutes les œuvres de Bruegel qui ont, à leur principe, une puissance émancipatrice de jeu » capable de « transmuer une sidération mélancolique en puissante méditation sur la vie » (p. 264). Saisissant portrait de l’artiste en philosophe.

 

Laurent Bove, Pieter Bruegel, Le tableau ou la sphère infinie, Pour une réforme théologico-politique de l’entendement, Paris, Vrin, « Matière étrangère », 2019, 320 p., 23 €.

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