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 En janvier 1836, Alexandre Pouchkine lançait la publication d'une revue littéraire : "Le Contemporain". L'entreprise survivra aussi longtemps que son fondateur, mort dès le début de l'année suivante. En bon poète, Pouchkine est mauvais gestionnaire. Pis, sa ligne élitiste ne trouve pas lectorat.

Janvier 1836. Il y a 177 ans, un grand poète russe se lançait dans le journalisme. Mais l’histoire que nous racontons commence cinq ans plus tôt, à l'été 1831. À cette époque, Alexandre Sergueïevitch Pouchkine adresse à Alexandre von Benckendorff – chef de la troisième section de la chancellerie impériale – une demande d'autorisation : le poète souhaite publier un journal politique et littéraire. Le patron des gendarmes et de la police secrète mettra plus d'un an à donner son feu vert à cette entreprise. Laquelle n'aboutira pas : Pouchkine manque de moyens et surtout de motivation. Avec le temps, il se rend compte que son journal ne se distinguera pas des titres dont il veut rompre le monopole. La censure sévit après la Révolution française de 1830 et le soulèvement national en Pologne contre la Russie. Aucun article ou poème de Pouchkine ni de son cercle ne peut échapper à la surveillance zélée des services secrets. Le futur journal, si journal il y avait, ne serait tout au plus qu’un titre soumis à « la haute volonté ». Si encore il s’agissait de la volonté du tsar Nicolas Ier… Mais Pouchkine sait bien que c'est à la volonté de ces fonctionnaires, lâches et hypocrites, ceux-là même dont le poète s’est si souvent et si finement moqué dans ses épigrammes, qu’il devra se plier. Sa carrière de patron de presse est donc reportée à des jours meilleurs.

 

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