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Par Antoine Oury. Dans sa nouvelle La machine s’arrête, rééditée à la rentrée par L’Échappée, le romancier britannique décrit un monde gouverné par la technologie où les humains vivent reclus dans de petites unités souterraines, tout confort, d’où ils communiquent exclusivement par visioconférence, évitant soigneusement le moindre contact. Un récit en forme d’avertissement face à une existence de « presse-bouton » et de délégation générale.

 

« Imaginez, si vous le pouvez, une petite chambre de forme hexagonale, comme une alvéole d’abeille. Elle n’est éclairée ni par une fenêtre ni par une lampe, et pourtant elle est remplie d’une lumière douce. Il n’y a pas d’ouverture et pourtant l’air frais. Il n’y a pas d’instruments de musique, et pourtant, au moment où commence ma méditation, cette chambre bat au rythme de sons mélodieux. Un fauteuil se trouve au centre, à côté de lui une table de lecture : voilà tout le mobilier. Et dans le fauteuil siège un morceau de chair emmitouflé : une femme, d’une mètre cinquante environ, au visage aussi blanc qu’un champignon ».

Ainsi débute la nouvelle La machine s’arrête du Britannique Edward Morgan Forster. Dans un futur où la planète est devenue inhabitable, l’air irrespirable, et où la surface du globe n’intéresse plus que les historiens, l’humanité s’est réfugiée sous terre. « La Machine », au singulier, subvient à tous les besoins. Nourriture, soins, musique, littérature. Dans sa petite chambre, Vashti est satisfaite de son sort. Elle occupe ses journées à discuter avec ses amis ou à donner et écouter des conférences grâce à un système perfectionné de visioconférences, le « cinématophote ». Jusqu’au jour où cette quiétude est perturbée par un appel de son fils, Kuno, qui l’enjoint de lui rendre visite, en chair et en os.

E. M. Foster,La Machine s'arrête L'échappée, collection "Le Pas de Côté", 112 pages, 7 euros
 

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