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Par Thibault Roques. Au sortir de l’« affaire Moix » il y a un an à peine, on croyait en avoir fini avec les chefs-d’oeuvre annoncés – et obligés – de la rentrée littéraire, mauvais feuilletons familiaux rédigés d’une plume aussi narcissique que satisfaite. Sachons gré à Raphaël Enthoven, moraliste de notre temps, de nous gratifier à son tour d’un roman en forme d’autofiction, Le Temps gagné, dans lequel on croise une galerie de personnages trop méconnus : son père (l’éditeur Jean-Paul Enthoven), l’ami de son père (un certain Bernard-Henri Lévy), la fille de celui-ci et ex-femme de Raphaël (Justine Lévy, autrice de Rien de grave qui avait provoqué une onde de choc semblable il y a une quinzaine d’années dans le VIe arrondissement parisien), la femme de celui-ci (Arielle Dombasle), l’une des femmes de Raphaël, Carla Bruni, pour ne citer qu’eux.

S’il n’appartient pas à Acrimed de s’exprimer sur la qualité de l’ouvrage qui a tout d’une affaire de famille en dépit de la portée universelle vantée par son auteur, force est de constater que la tournée médiatique du chroniqueur-enseignant-philosophe-conférencier est déjà une belle réussite. Car pour les essayistes de son espèce, un bon livre est d’abord et avant tout le fruit d’un battage médiatique bien orchestré. Rien ni personne ne manquent à l’appel : la presse people, populaire et grand public n’hésite pas à jouer les intermédiaires dociles – Gala, Paris Match et Voici sont au rendez-vous. Notre romancier a aussi les honneurs de « La Grande Interview » matinale sur RTL ainsi que ceux du « Grand Matin » sur Sud Radio. Autant de médias d’ordinaire peu enclins à inviter artistes ou intellectuels mais qui, quand ils tiennent un grand livre, ou plus simplement un bon client vu à la télé, entendu à la radio, invité partout et tout le temps, se risquent sur des terrains inhabituels.

 

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