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Entretien. Riad Sattouf publie, le 5 novembre, le tome 5 de sa série autobiographique L’Arabe du futur (éditions Allary). Le nouvel album de Reporters sans frontières, 100 dessins pour la liberté de la presse, lui est également consacré.

Je ne serais pas arrivé là si…

Si je n’avais pas découvert Tintin vers 4 ou 5 ans, juste avant d’apprendre à lire. Ma mère m’avait offert Le Secret de la licorne. Mon premier livre. J’ai été ébloui par les dessins, les couleurs, par l’idée que je pouvais moi-même tourner les pages, commencer par la fin ou le début sans que personne m’en empêche. Je ne comprenais pas l’histoire, mais je voyais des paysages extraordinaires, des personnages sur lesquels je projetais mes propres sentiments. Des dessins simples et rassurants.

J’ai commencé à m’inventer des histoires en lisant ce Tintin… Je pensais que ce livre était comme la terre ou la pluie, des choses qui existent de toute éternité. Puis ma mère m’a appris le français, et j’ai déchiffré les bulles. Un jour, j’ai lu sur la couverture « Hergé ». J’ai demandé à ma mère : « C’est quoi, Hergé ? » Elle m’a expliqué. Découvrir qu’il était possible qu’un être humain ait fait ce livre a changé mon rapport au réel. C’est comme si on m’avait dit : « La plage que tu adores, quelqu’un l’a fabriquée. » Donc on peut créer une histoire, on peut dessiner, seul, un récit qui fascine d’autres humains… Ça a déterminé la suite de mon existence : je me suis dit que c’est ce que j’avais envie de faire.

 

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