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Dans son étude sur l’œuvre littéraire et cinématographique de Duras, Simona Crippa met en évidence, à travers cette œuvre, les références mythologiques récurrentes et prégnantes. Il ne s’agit pas par là pour Duras de s’inscrire dans une culture déjà établie, simplement reproduite, ou d’intégrer dans ses œuvres les signes d’une culture classique légitimée par les institutions. Le référent mythologique, pour Marguerite Duras, serait le moyen d’une critique du texte et de l’image, d’une pratique de plus en plus radicale de la création, d’une politique du monde voulue révolutionnaire.

Simona Crippa souligne comment il est possible, derrière la figure de tel ou tel personnage de roman, de telle figure textuelle, de repérer la réactualisation d’un personnage de la mythologie grecque, latine, juive… : Antigone, les Sirènes, les Parques, Médée, Bérénice, etc. Il s’agit pour Duras non pas de citer, non pas de signifier son appartenance à une culture fondatrice, mais de se réapproprier des figures de cette culture pour les défaire, les insérer dans d’autres contextes matériels et signifiants. Si les lieux, dans les livres comme dans les films, sont également traités selon la dimension du mythe, c’est qu’ils apparaissent comme des espaces premiers, lieux d’éléments et de forces non encore pris dans des formes et des structures définies. 

Simona Crippa, Marguerite Duras, Presses Universitaires de Vincennes, septembre 2020, 198 p., 10 €

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