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Sans les libraires, à l'heure d'aujourd'hui, j'aurais vendu si peu de livres que j'aurais renoncé depuis belle lurette à en écrire. Sans eux, sans leur inlassable curiosité, sans leur indépendance d'esprit, sans leur fidélité, je n'existerais pas. Il faut le marteler sans répit: les libraires pour des écrivains comme moi qui ne sont pas dans les petits papiers des jurys littéraires et autres salles de rédaction, sont comme des parents nourriciers qui veillent sur les destinées de nos romans.

Ils les mettent en avant, ils les soutiennent, ils les cajolent. Aux lecteurs qui ne vous connaissent pas, ils vous présentent sous un jour si flatteur que bien souvent ces derniers repartent avec un exemplaire de votre livre sous le coude. Parfois même, ils vous invitent, et voilà que le temps d'une lecture ou d'une rencontre, vous êtes le roi du monde, choyé comme si vous étiez le plus grand des romanciers ayant jamais existé.

Ils viennent vous chercher à la gare, vous ramènent à votre hôtel, s'inquiètent si vous toussez de trop et quand les lecteurs ne sont pas au rendez-vous, pris par trop d'engagements ou peu inspirés par votre trombine qui trône à la devanture de leur librairie –comme on les comprend!– c'est à genoux qu'ils implorent votre pardon en vous suppliant de ne pas leur en tenir rigueur.

© Fournis par Slate Le peuple veut du pain et des livres! | Kenny Luo via Unsplash

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