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Par par Georges-Arthur Goldschmidt. Le titre original de ce livre, Une jeunesse en Allemagne, rendait parfaitement compte de son contenu ; il est devenu Le livre des hirondelles, en hommage aux vers qu’Ernst Toller écrivit en prison. Dans sa traduction, Pierre Gallissaires a su conserver la langue parfaitement naturelle et sans apprêts de Toller, dont l’autobiographie coïncide avec l’histoire de l’Allemagne à la pointe d’elle-même, à l’instant de son effondrement définitif ; le nazisme y est inscrit désormais comme son essence historique.

Dans un texte d’introduction, Ilya Ehrenbourg, ce survivant du stalinisme, après avoir rappelé en quelle estime le tenaient beaucoup de grands esprits, écrit de Toller : « Il n’était pas devenu un soldat de la révolution, et il ne pouvait pas le devenir, mais il continuait à mener la lutte dans le maquis ». Le livre des hirondelles, l’histoire de Toller écrite par lui-même, est une vue en coupe de toute l’histoire de l’Allemagne du début du XXe siècle. Dès l’enfance, il sait la douleur d’être juif, il est né dans une partie de la Pologne encore sous domination prussienne et se sent allemand au plus profond de lui, au point de s’engager volontaire en 1914, à l’âge de vingt et un ans.


Ernst Toller, Le livre des hirondelles. Allemagne, 1893-1933. Souvenirs d’un lanceur d’alerte. Suivi de quelques poèmes de l’auteur. Trad. de l’allemand par Pierre Gallissaires. Préface d’Olivier Guez. Séguier, 334 p., 21 €
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