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Par Florence Noiville. D’une ville bâtie sur l’eau à une autre. Le grand écrivain néerlandais rend un bel hommage à la Sérénissime, produit d’une longue fréquentation.

C’est un humaniste comme il n’en existe plus, un homme qui croit en l’Europe et parle presque toutes ses langues, un écrivain curieux de tout, et dont l’érudition donne le tournis. A 87 ans, le Néerlandais Cees Nooteboom est l’auteur inclassable d’une œuvre qui ne l’est pas moins, une quarantaine de livres traduits en français, allant des romans philosophiques aux essais sur l’art, en passant par un volumineux corpus poétique que l’on découvre seulement en France. Sans oublier de très nombreux récits de voyages, car Cees Nooteboom a toujours eu des fourmis dans les jambes. Du Spitzberg à La Havane, de Minorque au Japon, il a passé sa vie à quadriller la planète, hanté par les grandes questions métaphysiques, toujours en quête d’ailleurs.

Sur les pas de Casanova, d’Henry James, de Thomas Mann ou d’Ernest Hemingway

Il est un lieu, pourtant, où ce nomade impénitent retourne sans cesse depuis cinquante-six ans : Venise. Pourquoi lui, l’Amstellodamois, l’homme de l’eau et des canaux, est-il aimanté par cette autre cité de « chemins liquides », cette autre « absurde combinaison de puissance, d’argent, de génie et d’art supérieur » ? D’où vient cette allégresse qui s’empare de lui à la vue de « cette eau noire, frottée de mort, polie comme le marbre d’un tombeau » ? Ce mélange de « ravissement et de trouble » qui jamais ne se dissipe ? Ce sont les questions auxquelles il tente de répondre dans Venise. Le lion, la ville et l’eau, pieux hommage à la Sérénissime, ponctué de photographies de sa compagne, Simone Sassen.

« Venise. Le lion, la ville et l’eau » (Venetië. De leeuw, de stad en het water), de Cees Nooteboom, photographies de Simone Sassen, traduit du néerlandais par Philippe Noble, Actes Sud, 240 p., 25 €, numérique 19 €.

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