Overblog
Editer la page Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Le projet de loi de « sécurité globale » donne une réalité concrète à ce document susceptible de définir l’action future des forces de l’ordre, s’inquiètent, dans une tribune au « Monde », d’anciens hauts cadres de la police et le sociologue Christian Mouhanna.

 

Tribune. Le gouvernement peut plaider l’erreur d’appréciation dans ce qui est devenu l’affaire de l’article 24 de la loi sur la « sécurité globale ». Mais cette défense ne tient pas quand on examine le Livre blanc de la sécurité intérieure, que le ministre de l’intérieur vient de rendre public pour les prochaines années. Il inspire et contient en effet les dispositions de la très controversée proposition de loi sur la sécurité globale actuellement en débat.

La première approche du document est trompeuse, aussi bien par son ton humaniste que par sa volonté affichée de tenir compte de l’avis des maires et du public. En réalité, s’il porte un diagnostic relativement juste sur la situation actuelle, il conduit sa réflexion avec deux partis pris : d’une part, l’ignorance délibérée du profond fossé qui s’est depuis longtemps créé avec la population et, d’autre part, l’adoption d’une stratégie autoritaire et non coopérative pour envisager l’avenir, en négation des bons principes affichés.

Ce Livre blanc choque parce qu’on y voit appliquée à la question sociale qu’est la sécurité une logique de commandement « par le haut » et qui nie la place des citoyens, considérés comme des unités à gérer, en se réfugiant dans une démarche purement technocratique et militarisée (l’évaluation de la menace, la détermination des objectifs, la désignation du chef, la mobilisation des forces, le renforcement des moyens, l’évolution des tactiques, etc.). Ce choix de méthode a été nécessaire aux auteurs du Livre blanc parce qu’ils ambitionnent de traiter ce qu’ils appellent « le continuum de sécurité ».

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :