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Notre feuilletoniste suit l’écrivaine son exploration féministe des représentations des femmes dans l’art.

« Je suis une femme. Tout artiste est une femme », affirmait Picasso. Soit. Mais la pirouette est un peu facile, pour ne pas dire cynique. L’œuvre de Dora Maar, à laquelle aucune grande exposition n’a jamais été entièrement consacrée, n’a-t-elle pas été sacrifiée au peintre mondialement connu, qui en fit sa maîtresse, son modèle et sa proie ? Si tout artiste est une femme, en revanche, il est bien difficile à une femme d’être artiste. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, seuls les hommes avaient le droit d’étudier dans les écoles d’art, les femmes posaient nues ou parées, et lorsque l’une d’elles se risquait de l’autre côté du chevalet, c’était pour peindre des fleurs ou des scènes de famille – il leur était interdit de dessiner d’après des modèles nus.

Comme le rappelle Laure Adler dans Le Corps des femmes, beau livre dont l’iconographie est aussi riche que le commentaire, il leur a fallu des siècles pour passer du statut d’objet à celui de sujet. Dans la lignée de sa célèbre série illustrée d’œuvres picturales – Les femmes qui lisent sont dangereuses, Les femmes qui écrivent vivent dangereusement, Les femmes qui aiment sont dangereuses (Flammarion, 2006, 2007, 2009) –, et après La Voyageuse de nuit (Grasset), passionnant essai sur la vieillesse, Laure Adler poursuit ici son exploration féministe des représentations des femmes dans l’art.

« Le Corps des femmes. Ce que les artistes ont voulu faire de nous », de Laure Adler, Albin Michel, 176 p., 35 €.

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