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On voudrait dire que l’Antiquité fut la passion intellectuelle de Paul Veyne. Mais lui-même préfère donner un grand poids au mot « intéressant ». Ce qui compte est ce pour quoi on éprouve de l’intérêt et celui-ci est désintéressé. Tel est le critère qui dirige l’historien vers tel ou tel objet d’étude. Ce retour obstiné du mot « intéressant », qui apparaît d’abord comme une affirmation de subjectivisme, finit par fonder une méthode. 🔸 Par Marc Lebiez

Il est difficile, pour le lecteur de ce nouveau volume de la collection « Bouquins » consacré à un grand intellectuel, d’évaluer la part qu’a prise Paul Veyne dans sa composition. Est-ce un autoportrait à quatre-vingt-dix ans ou bien l’hommage rendu par des amis, au premier rang desquels Hélène Monsacré qui a « établi et présenté » cette édition ? La question n’est pas indifférente dès lors qu’il s’agit d’« œuvres choisies ».

On n’imagine pas que le projet n’ait pas été soumis à Paul Veyne, et que celui-ci n’ait pas pu émettre des souhaits vifs ou des refus nets. Mais qui a décidé de ne retenir qu’une vingtaine de pages du beau livre sur L’élégie érotique romaine, un peu moins du livre sur René Char et une cinquantaine de celui sur Michel Foucault ? On ne pouvait évidemment pas tout mettre, mais il est douteux que cet usage de la hache soit le mieux à même de faire connaître l’œuvre d’un historien qui n’aura pas été particulièrement confidentiel.


Paul Veyne, Une insolite curiosité. Édition établie et présentée par Hélène Monsacré. Préface de Christophe Ono-dit-Biot. Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1 152 p., 32 €

 

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