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Dans « De nos ombres », son premier roman, Jean-Marc Graziani raconte une singulière histoire corse de famille et de revenants. 🔸Par Xavier Houssin

Combien de marches à monter au grand escalier de l’église Saint-Joseph ? Vingt. Plus le seuil du portail. Il a fait et refait leur compte, dimanche après dimanche. ­Depuis le temps. C’est sa paroisse, et celle de sa famille. D’ailleurs, elle porte son nom : Joseph. Comme celui de la rue où il habite. Et comme aussi tout ce quartier du vieux Bastia, si proche de la mer, où il a grandi. A 12 ans, en cet été 1954, il en est le Petit Prince, à un rien de mélancolie près. Son âme vagabonde à la messe. Il lève les yeux aux ornements du plafond peint, regarde longuement, au-dessus du maître-autel, la statue de son saint ­patron portant l’Enfant Jésus. Celui-là qui fut choisi pour servir de père adoptif au fils de Dieu. Après l’offertoire, le prêtre récite le mémento des morts. « Souvenez-vous, Seigneur, de vos serviteurs qui nous ont précédés et qui dorment du sommeil de la paix. » La paix, les morts. D’où lui vient ce curieux sentiment que cela le concerne ? De nos ombres, premier roman de Jean-Marc Graziani, est une histoire de secrets enfouis, de mémoire meurtrie, de visages disparus. Une histoire de chuchotements, de froissements de brindilles, d’échos indistincts, d’imperceptibles signes. Une singulière ­histoire d’enfance et de fantômes.

 

« De nos ombres », de Jean-Marc Graziani, Joëlle Losfeld, 200 p., 18 €, numérique 13 €.

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