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L’écrivain britannique promène son regard à travers la planète. Emmanuel Carrère, qui le situe entre Woody Allen, Thomas Bernhard, Jean Rolin et Annie Dillard, a lu d’« Ici pour aller ailleurs », son dernier recueil traduit, pour « Le Monde des livres ».

 

« N’avoir pas lu Julio Cortazar est un malheur. Ne pas le lire, une maladie chronique, qui mine sans qu’on en ait conscience. Quelqu’un qui n’aurait pas lu Cortazar peut être comparé à quelqu’un qui n’aurait de sa vie jamais mangé de poires. Bien sûr, on peut vivre sans ­connaître le goût des poires, mais c’est moins bien… », disait en substance ­Pablo Neruda. Celui-ci a inventé un jour cet ­argument, dit « des poires », que je tiens pour un rare accomplissement dans l’art de la critique littéraire et qui s’applique avec éclat à Geoff Dyer. Si j’en crois les ventes de ses trois ­livres déjà parus en français, il y a de fortes chances pour que vous ne l’ayez jamais lu et même pour que son nom ne vous dise rien, alors ­allons-y.

Une poire pour la soif

Geoff Dyer est un escogriffe ­anglais fraîchement sexagénaire, longiligne, les épaules étroites (je le mentionne parce qu’il s’en plaint souvent), attrapant facilement des coups de soleil : le genre de gars qui a toujours bougé sur la photo et qui traverse la vie avec une hypo­condrie nonchalante, un flegme speedé, une mauvaise humeur extatique, je pourrais allonger la liste des oxymores mais je préfère terminer cette phrase par une ­assertion sans nuance ni contradiction : quand on l’a lu une fois, Geoff Dyer ­devient non seulement une poire pour la soif mais un ami pour la vie.

« Ici pour aller ailleurs » (White Sands. Experiences from the Outside World), de Geoff Dyer, traduit de l’anglais par Pierre Demarty, Le Sous-sol, 224 p., 21 €, numérique 15 €.

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