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Le corps « indien » et le corps queer sont au cœur du premier roman d’un membre des Premières Nations du Canada. 🔸 Par Zoé Courtois

Un mouvement intellectuel, artistique et politique d’envergure. C’est ce qui se joue aujourd’hui chez les peuples autochtones du continent américain, du côté des Etats-Unis comme du Canada. Après Manikanetish, de Naomi Fontaine, ou Cartographie de l’amour décolonial, de Leanne Betasamosake Simpson (Mémoire d’encrier, 2017 et 2018), la lecture de Jonny Appleseed, l’excellent premier roman de Joshua Whitehead, membre oji-cri/nehiyaw de la Première Nation manitobaine de Peguis (Canada), ne manque pas de le confirmer.

De même que, dans les années 1930, le mot « nègre », lancé à Aimé Césaire dans une rue de Paris par un passant anonyme, fut récupéré par l’auteur du Cahier d’un retour au pays natal – ainsi que par bon nombre d’autres alchimistes qui voulurent sublimer la boue de l’insulte en or poétique –, les membres des Premières Nations se sont emparés de l’acronyme NDN, les trois consonnes d’« Indien », qu’ils jugent tout aussi péjoratif. Leur mouvement est donc, comme indiqué dans le livre, un « effort explicite et visible de réclamation du mot “indien” par et pour les gens qu’il désigne ».

« Jonny Appleseed », de Joshua Whitehead, traduit de l’anglais (Canada) par Arianne Des Rochers, Mémoire d’encrier, 272 p., 19 €, numérique 10 €.

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