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Paru en 1963, le livre fut un événement. Son succès permit à John Le Carré de quitter son poste à l’ambassade britannique de Bonn. Et de s’imposer comme le maître du roman d’espionnage. 🔸Par François Forestier

Il a perfectionné le froid. On ne savait pas que le froid était si glacial, si gelant, si... communiste, avant d’avoir lu John Le Carré. Derrière le Mur, le fameux Mur, il a observé tout un monde de crapauds, de ronds-de-cuir, de curés défroqués, de flics catarrheux, de délateurs atteints de cirrhose: c’était donc ça, l’univers scintillant de l’espionnage? James Bond, selon Le Carré, était «une pute», et OSS117 un con.

En 1963, la publication de «l’Espion qui venait du froid» fut un événement : les gens y mouraient, les espionnes n’avaient pas « les cuisses longues et les seins en poire », les Vopos tiraient à vue, et Evgueni Primakov, qui s’apprêtait à devenir patron du KGB, s’identifiait, étrangement, à Smiley, le bedeau du renseignement. Trente-neuf ans ont passé: le Mur n’existe plus, Smiley est à la retraite, l’URSS est un souvenir morbide et «l’Espion qui venait du froid» reste un chef-d’oeuvre. A l’époque, personne ne savait qui l’avait écrit. L’auteur, disait-on, avait été préposé au lessivage des éléphants dans un cirque en Suisse. Le mieux, c’est que c’était vrai.

John Le Carré à son bureau (Monty Fresco/ANL/Shutterstock/SIPA / Monty Fresco/ANL//SIPA)

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