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Les chiffres ont l’autorité d’une science que l’on croit objective et absolue, au point que leur emprise se ressent dans tous les domaines. Mais leur manipulation comporte des biais, rappellent, exemples historiques à l’appui, les auteurs de ce livre. 🔸 Par David Larousserie

En ces temps de pandémie, où le quotidien est rythmé par des chiffres, des courbes, des prévisions autour du nombre de morts ou de malades du Covid-19, Le Théorème d’hypocrite, d’Antoine Houlou-Garcia et Thierry Maugenest, rappelle les origines de cette intrusion du quantitatif dans le débat public et en montre les principaux défauts.

Cela commence par l’un des plus célèbres mathématiciens, Pythagore, connu pour son théorème de géométrie, mais qui, en fin politicien, a su asseoir son pouvoir en « trichant » pour se faire passer pour prophète.

Les auteurs introduisent ensuite une série de personnages parfois méconnus des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, considérés comme les pères de cette emprise des chiffres. Jean Bodin, conseiller d’Henri III en France, joue les numérologues et entame de premiers recensements de la population, préfigurations de la statistique d’Etat. Un siècle plus tard, William Petty, en Angleterre, défend l’arithmétique politique et se met à tout compter. François Quesnay, au XVIIIe siècle, à nouveau en France, aurait jeté les bases des mesures du produit intérieur brut (PIB).

« Le Théorème d’hypocrite », Antoine Houlou-Garcia et Thierry Maugenest, Albin Michel, 19,90 euros, 352 pages, août 2020.

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