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Par Christine Lecerf. Un beau volume de la collection « Quarto » compile douze textes de l’écrivain autrichien, et traverse son œuvre, de ses débuts à son prix Nobel de littérature, en 2019.

Tout écrivain a sa propre manière d’habiter la langue. Franz Kafka creusait des galeries pour y aménager son « terrier ». C’est en marchant dans la langue allemande que Peter Handke a construit son abri « en plein champ ». A travers une sélection d’une douzaine de récits, Les Cabanes du narrateur – titre donné à ce volume de la collection « Quarto » – retrace le chemin escarpé et sinueux qui a conduit l’écrivain autrichien jusqu’au prix Nobel, en 2019.

Avancée vers l’aphasie

« Celui qui s’avance sur le champ de neige prendra garde à marcher d’un pas léger, sans peser », écrit Handke à l’âge de 22 ans dans Les Frelons (Gallimard, comme tous ses livres, 1983), texte qui marque sa première expédition vers l’écriture. Né en 1942 dans le village d’Altenmarkt (en allemand)/Stara vas (en slovène), ce petit-fils de paysans grandit dans la minorité slovène du sud de l’Autriche, à la frontière de l’ex-Yougoslavie. Enfant de la guerre, terrorisé par le bruit des bombes, il est hanté par la disparition de deux jeunes frères de sa mère, sur le front. « Lorsqu’il sortit le pied gauche, le droit s’enfonça. Lorsqu’il sortit le pied droit, le gauche s’enfonça. Lorsqu’il se mit à courir, il s’enfonça des deux pieds. »

« Les Cabanes du narrateur. Œuvres choisies », de Peter Handke, multiples traducteurs de l’allemand (Autriche), préface de Philippe Lançon, Gallimard, « Quarto », 1152 p., 26 €.

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