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La couverture du livre est une sorte d’affiche idéale. En place et nom de l’auteur : Roland Barthes. En titre : Marcel Proust. Sous les grosses lettres bleues, une photo du romancier, pas la meilleure – en contre-plongée, l’air un peu fat sous l’épaisse moustache –, mais qu’importe : Barthes et Proust, la dream team. Puis l’on s’interroge. Qu’est-ce que c’est que ce livre de Barthes (1915-1980) ? Si l’auteur de Fragments d’un discours amoureux (Seuil, 1977) avait écrit tout un volume sur Proust (1871-1922), cela se saurait. Un inédit ? Peu probable. Ne s’agirait-il pas plutôt, alors, d’un de ces ouvrages fabriqués de bric et de broc avec de grands noms pour appâter les lecteurs avant les fêtes ?

Bernard Comment, éditeur du livre dans sa collection « Fiction & Cie », reconnaît l’ambiguïté mais la balaie aussitôt : « Réunir les textes et interventions de Barthes sur Proust est évidemment un pur artifice. C’est aussi, simplement, une réparation, et une façon de remettre Proust au cœur de Barthes – ou, tout autant, Barthes au cœur de Proust. » Cette parenthèse faussement anachronique dit bien l’ambition de ces « mélanges » qui, à travers le regard de l’un sur l’œuvre de l’autre, nous les restituent tous les deux dans la puissance peu commune de leur sensibilité et de leur intelligence, dans le deuil en écho de leur mère adorée – 1905, 1977 –, faisant de ce livre un lieu de correspondances, ou mieux, de retrouvailles.

« Marcel Proust. Mélanges », de Roland Barthes, Seuil, « Fiction & Cie », 400 p., 24 €, numérique 17 €.

 

 

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