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Par Annabelle Hautecontre 🔸Gabriel Randon, dit Jehan Rictus, né en 1867, en sait quelque chose. Enfance difficile. Quitte l’école à 14 ans. Vit de petits métiers. Fréquente les anarchistes. Montmartre. Vie de façon précaire. Puis se lance en écrivant des poèmes en argot parisien. Il les lit le soir, au Chat noir entre deux morceaux d’Éric Satie. Et cela donnera bien des années plus tard ce livre… inclassable. Sans équivalent dans l’histoire littéraire. Un coup de fouet qui annonce Prévert, Queneau…

Les textes ici rassemblés sont issus de l’édition de 1903. Ils respectent l’orthographe, les particularités typographiques (sic) et la ponctuation. Embarquement pour le pays des éclairs. Une ville où tout se joue sur le trottoir. Une ville qui mugit. Qui s’époumone. Qui broie. Pour survivre la dérision comme arme ultime. Jehan Rictus en saltimbanque et rebelle. Diseur de vérité et non de bonne aventure. Agaçant, narcissique, volcanique, fascinant. Il crie il hurle il scande. Le troubadour des grands boulevards de la déglingue se veut tranchant. Ses vers découpe l’air irrespirable des faubourgs. Il récite avec véhémence.

Jehan-Rictus, Les Soliloques du pauvre suivi de Le Cœur populaire, préface de Patrice Delbourg, édition de Nathalie Vincent-Munnia, Poésie/Gallimard, novembre 2020, 400 p.-, 9,50 €

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