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Lui, Max Jacob, 47 ans. Il joue à se dire leur parrain. Eux, Lucienne et Armand Salacrou, mariés, pas encore d’enfants, 19 et 24 ans.

Retiré à Saint-Benoît-sur-Loire, Max Jacob a envoyé nombre de lettres, chaque jour, à d’innombrables correspondants, pendant les vingt-trois dernières années de sa vie. Il avait le génie de l’écriture rapide, un des grands épistoliers de la littérature française. Niveau Sévigné, si vous voyez, Stendhal, Céline. Poète, aussi, la chose est notoire.

Publiées par Gallimard en 1957, treize ans après sa mort sur le chemin d’Auschwitz, sans préface, sans introduction, sans notes, les soixante-et-une « Lettres aux Salacrou », de Max Jacob, vont d’août 1923 à janvier 1926, deux années et demie d’une bonne amitié mais qui s’est étiolée. Il leur parle d’Artaud, « qui vaut mieux qu’une unité au régiment surréaliste », de Picasso (qui a été son parrain véritable, sur les fonts baptismaux, lors de sa conversion en 1915) : « Je ne gaspille pas le mot génie, je devine ce que ça pourrait être mais peut-être que je ne l’ai vu qu’en Picasso encore. »

 

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