Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Par Jean-Loup Samaan. Un jour idéal pour mourir est le deuxième roman traduit en français de l’Algérien Samir Kacimi, après L’Amour au tournant. Ce court récit suit les derniers instants d’Halim Bensadek, un journaliste qui s’apprête à se suicider en sautant du haut d’un immeuble de la banlieue d’Alger. Défile alors, non sans sarcasme et humour, le chaos de la vie.

Halim est un homme frustré par sa vie tant professionnelle que sentimentale. Il résume son existence par la formule lapidaire : « Quarante années d’une vie de mendicité, vingt ans de travail pour rien, dix ans à pourvoir aux besoins d’une famille qui n’en était plus une. »

Or Halim espère se rattraper avec son suicide. Il entend en effet marquer les esprits par la scénographie de son geste final, bref il ne veut pas finir comme certains avec une « mort chiante ». Il a même prévu une lettre posthume qu’il s’est adressée à lui-même et qu’il imagine déjà la presse décortiquer dans les jours qui suivront sa mort.

Tandis qu’il se jette dans le vide, le lecteur suit ces quelques dizaines de secondes qui séparent la chute de Halim de son atterrissage. À chaque étape, ce dernier se souvient de divers épisodes clés de sa vie. Ces derniers apparaissent furtivement au gré d’associations d’idées du personnage et n’obéissent pas à une structure narrative linéaire. Nous découvrons ainsi comment Halim a progressivement abandonné ses ambitions journalistiques pour pallier les besoins financiers du foyer familial. Se dévoile à notre regard une faune de jeunes gens qui, comme Halim, traînent leurs problèmes dans les cafés jusque tard dans la nuit.

Samir Kacimi,
Un jour idéal pour mourir,
Actes Sud, collection « Sindbad »,
128 pages, 15 €

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article