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Un documentaire ambitieux rappelle les conditions dans lesquelles ont été recueillis les témoignages sur les exactions commises par l’occupant nazi en Union soviétique. 🔸 Par Benoît Vitkine (Moscou, correspondant)

Dans les premiers mois de la guerre, au plus fort de l’offensive allemande contre l’URSS, Staline autorise la création, à Moscou, d’un Comité antifasciste juif. Le but est double : renforcer l’union de toutes les composantes du pays derrière ses dirigeants et son armée ; obtenir le soutien, en premier lieu financier, des juifs d’Occident. L’acteur et directeur de théâtre de langue yiddish Solomon Mikhoels (1890-1948) en sera le visage et le président.

A mesure que parviennent les récits des horreurs commises par les Allemands dans les territoires conquis, il prend son travail de plus en plus à cœur. Il écrit : « Tous les juifs s’adressent à moi et je n’en vois pas la fin. Je suis submergé de destins. Il me semble parfois que je suis le seul responsable de tout mon peuple, sans même parler de mon théâtre. »

La guerre terminée, les priorités ont changé, ce qui était nécessaire devient encombrant. « Sans autorisation, le Comité assure la fonction de représentant principal pour les affaires concernant la population juive », écrit le KGB dans un rapport secret, dont les mots font écho à ceux de Mikhoels quelques années plus tôt. D’autres mots suivront : « nationalisme », « sionisme », « cosmopolitisme »…

Ilya Ehrenbourg (1891-1967), écrivain et journaliste soviétique, a orchestré, avec Vassili Grossman, le recueil de témoignages sur l’extermination des juifs d’Union soviétique par les Allemands qui constituent le « Livre noir ». ROGER-VIOLLET

Vie et destin du Livre noir, la destruction des juifs d’URSS, documentaire écrit par Antoine Germa et Guillaume Ribot, réalisé par Guillaume Ribot (Fr., 2020, 92 min).

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