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Dans «De sable et de neige», l’autrice s’attache de manière impressionniste et érudite aux souvenirs fugitifs qui l’ont construite, des plages du cap Ferret aux chemins de Kyoto. Par Virginie Bloch-Lainé

Du Déjeuner d’huîtres, une toile de Jean-François de Troy qu’elle a vue au château de Chantilly et qui lui rappelle les heures passées au cap Ferret dans son enfance, Chantal Thomas en arrive à Madame du Deffand, qui a dit : «Personne n’est heureux de l’ange jusqu’à l’huître.» Puis Madame du Deffand nous conduit à son ami Voltaire et au XVIIIe siècle, le «temps d’élection» de l’autrice, parce qu’il est «ennemi du pathos et de la morbidité». Suivent, reliés aux précédents, de nouveaux souvenirs, ceux de J.-B. Pontalis et de W.G. Sebald pour lequel le sable représentait la «dévastation». Là, Chantal Thomas n’est pas d’accord : «W.G. Sebald a le sable triste, me disais-je, en continuant de tourner les pages des Anneaux de Saturne, car c’est, dans son éclairage de fin du monde (une fin déjà advenue et qui ne cesse de se répéter), un livre magnifique.» Recueil sinueux accompagné de photographies, De sable et de neige avance par associations d’idées et de petites choses qui déploient une grande érudition.

 

Chantal Thomas De sable et de neige Mercure de France «Traits et portraits», 208 pp., 19 €.

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