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Dans « Des âmes et des saisons » (Odile Jacob), le célèbre neurologue raconte comment hormones et culture tissent nos convictions intimes et notre identité sexuelle. Entretien. 🔸Par Véronique Radier 🔸

L’OBS. Malgré ce que nous savons sur le fonctionnement de notre cerveau, pourquoi avons-nous l’illusion de penser indépendamment de lui et de notre corps ?

Boris Cyrulnik. Nous sommes intimement convaincus de voir la réalité, alors que nous n’en percevons qu’une représentation, sélectionnée et façonnée par notre cerveau. Quelques cas, bien connus des neurologues, l’illustrent de façon frappante : si notre cerveau est endommagé, ce qui nous paraît évident peut soudain changer, sans que cela nous trouble aucunement. Il arrive qu’une minuscule lésion ou une tumeur dans certaines zones vous rendent tout objet invisible dès qu’il est en mouvement, ou bien vous persuadent qu’un sosie s’est substitué à votre femme, ou même que votre propre main, au bout de votre bras, appartient à quelqu’un d’autre. Pour autant, les liens entre cerveau et pensée ne procèdent pas d’un simple déterminisme. Non seulement toutes les atteintes cérébrales n’entraînent pas des troubles aussi spécifiques, mais, parfois, d’importantes blessures semblent sans conséquence, car chaque cerveau est unique, sculpté en permanence par son environnement.

Neuropsychiatre, Boris Cyrulnik est l’auteur de très nombreux ouvrages, souvent des best-sellers, dont « les Nourritures affectives » (1993) ou « De chair et d’âme » (2006), publiés chez Odile Jacob. Paraît cette semaine chez le même éditeur : « Des âmes et des saisons. Psycho-écologie ».
Boris Cyrulnik Des âmes et des saisons.Psycho-écologie. 22,90 €

 

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