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Pour éclairer l’actuel regain nationaliste, l’académicienne Danièle Sallenave a arpenté l’Anjou où elle est née, soit le «fatal triangle» Cholet-Segré-Trélazé, marqué par la guerre de Vendée, à la recherche de l’héritage républicain qu’incarnaient ses parents instituteurs  Par Frédérique Roussel

C’est une sorte de road-trip géolocalisé sur les terres de son enfance. Le 11 janvier 2017, Danièle Sallenave s’installe dans la petite maison entourée de vignes qu’elle a louée à La Roche-aux-Moines, sur la commune de Savennières (Maine-et-Loire). C’est le village d’enfance de l’académicienne de 77 ans. Son projet vise à sillonner le département, et vérifier «l’héritage républicain» transmis par ses parents instituteurs. A ses yeux, son périple doit se révéler encore plus ambitieux : il ne se résumera pas à une balade nostalgique, mais il doit voir aussi en quoi ce retour aux fondamentaux républicains peut permettre «d’éclairer ce que nous vivons», autrement dit un regain identitaire et nationaliste.

Son terrain d’exploration se situe à l’intérieur de ce que l’auteure appelle un «fatal triangle», à l’ouest de l’ancienne province d’Anjou. Sur une carte, elle a relié les trois sommets de ce triangle, tous liés à son histoire familiale, et qu’elle va rallier tour à tour. D’abord au sud, le pays des Mauges, près de Cholet, marqué par la guerre de Vendée. Puis elle se rendra au nord, dans le Segréen, terre de chouannerie, à la frontière de la Loire-Atlantique. Et elle terminera sur sa troisième cible à l’est, à Trélazé, dans la ville des ardoisiers, foyer républicain puis de l’arnacho-syndicalisme. Armée de son carnet de notes, de son appareil photo, de feuillets avec des dates, des itinéraires, des noms de patelins, des citations, cette enquêtrice d’un genre particulier va voir «se réveiller sur le terrain même certaines figures majeures des deux derniers siècles, dont l’action a été déterminante, bien au-delà de leur époque».

 

 

 

 

Danièle Sallenave L’Eglantine et le Muguet Gallimard, 530 pp., 22,50 €.

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