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Pour le sociologue Gérald Bronner, nous n’avons jamais bénéficié d’autant de temps libre. Pour autant, notre usage cognitif de ce dernier est loin d’être optimal. 🔸Par Jean Bastien 🔸

On peut résumer simplement l’argument du nouveau livre de Gérald Bronner, Apocalypse cognitive (PUF, 2021), facile à lire au demeurant. Le développement de la civilisation, explique-t-il, s’est accompagné d’une forte augmentation du temps libre, que Bronner retraduit en temps de cerveau libéré d’autres contraintes (« le plus précieux de tous les trésors »). Dans le même temps, la dérégulation du marché cognitif (Bertrand Labasse, dont on pourra lire ici l’entretien qu’il nous avait accordé à propos de son livre La valeur des informations (Les Presses de l'Université d'Ottawa, 2020), préfère quant à lui parler de « marché discursif », ce qui a l’avantage de ne pas restreindre l’analyse à une seule catégorie de variables) et sa désintermédiation permise par le développement d’internet, du web et des réseaux sociaux ont conduit à ce que l’offre, sur ce marché, s’aligne désormais sans filtre sur une demande largement dominée par nos instincts. Instincts qui nous poussent à accorder prioritairement notre attention aux contenus en rapport avec le sexe, agitant des peurs ou cultivant les conflits. Ce qui explique aussi que l’indignation morale, souvent surjouée, soit un bon moyen pour tout un chacun qui le souhaite d’accroître sa visibilité. Et d’où il résulte pour finir un mauvais emploi de nos capacités cognitives.

 

Apocalypse cognitive

Gérald Bronner

2021

Presses universitaires de France (PUF)

372 pages

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