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Par François Huglo  🔸  Que des répliques culte. Jean-Pierre Bobillot est un showman. Le savent ceux qui l’ont vu et entendu, ceux qui ont lu son Poèmeshow en duo avec Sylvie Nève (avec CD et photos, « les contemporains favoris », 2000) : « Du borborygme au récit, du non-sens à la dérision, une lecture / performance (…) un opéra-bouffe minimal ! ». Mais ce ne sont pas des textes de scène qui sont ici rassemblés. Écrites sur une période d’un peu plus de trente ans, ces répliques sont sans réplique. Ce sont des petites coupures, des chutes. Sans appel, mais non sans adresse aux amis toujours présents dans la cantonade. Du sur mesure : à Jean-Pierre Verheggen, « le brasero de l’écriture ». À Michel Valprémy, « traîner son fardeau / farder son traîneau » et « s’accorder des privations / comme d’autres des privautés ! ». À Didier Moulinier : « Ah ! que j’envie les galets d’être tas ! ». À François Dufrêne : « Syllabes m’étaient contrées… ». À Irène Hardette, ce quatrain digne de l’homme à la tête de chou : « Célimène / se lime / l’hymen : / où ça la mène ? ». Ou la réplique est répercutée, ventriloquée. Nul besoin de faire tourner les tables pour entendre des voix. Bernanos : « —Allô !... Ouine ? ». Monsieur Hulot : « Par tout Tati ! ». Un poilu : « On les tzara ! ».

Tinbad poésie, 4e trimestre 2020
88 p.
14 €
 

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