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Dans Théologie du capital, essai percutant qui systématise les intuitions de Proudhon, Marx, ou encore Walter Benjamin, Édouard Jourdain démontre que l’économie, c’est la continuation de la doctrine de la foi par d’autres moyens 🔸 Par Antoine Perraud 🔸

Notre monde néolibéral ne clame-t-il pas sur tous les toits ce credo : « Je crois en un seul Dieu, le Capitalisme Tout-Puissant, Créateur du ciel (la guerre des étoiles) et de la terre (les emblavures), de l’univers visible (la marchandise) et invisible (le marché). Je crois en le Profit, son Fils unique, notre Seigneur… » ?

Nous sommes en droit de l’imaginer en terminant la lecture d’un essai vif, stimulant, intelligent : Théologie du capital (PUF), que vient de publier Édouard Jourdain, spécialiste de la pensée libertaire en général et de celle de Proudhon en particulier.

Pierre-Joseph Proudhon avait lancé des pistes de recherche concernant l’attache entre religion et capitalisme, même s’il fut éclipsé par son grand triomphateur, Karl Marx. Celui-ci, au début du Capital, fait un sort définitif au « fétichisme » de la marchandise, « pleine de subtilités métaphysiques et d’arguties théologiques ».

Au siècle suivant, en moins de quatre pages sauvées de ses papiers et publiées en 1985 sous le titre Le Capitalisme comme religion, Walter Benjamin (1892-1940) assimile à un culte infini notre vie économique et sa « pompe sacrée » se déployant des fabriques à la Bourse. Dans ce fragment prodigieux, qui date de 1921, Benjamin se concentre sur l’idolâtrie sans s’attarder sur les dogmes propres à une telle dévotion collective des temps modernes.

Édouard Jourdain, Théologie du capital, PUF, 174 pages, 17 €

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